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Le pillage de l'Adrar, un véritable fléau pour le patrimoine culturel de la région

Amis touristes, respectez le patrimoine culturel de l'Adrar. Ne ramassez pas les objets qui vous pouvez rencontrer lors de vos randonnées. Ils sont la mémoire de notre passé et méritent d'être étudiés par les archéologues.

L’Adrar est une région de Mauritanie très convoitée par les touristes occidentaux pour la beauté de ses paysages arides et rocailleux. Elle fut autrefois une région fertile et recèle de très nombreux sites archéologiques. Le patrimoine culturel de cette région souffre du pillage à grande échelle.

Beaucoup trop de touristes ont tendance à ramasser sur le sol de l’Adrar des souvenirs tels que des pointes de flèche, des haches polies, des perles en pierre ou encore des bifaces. Ils ignorent bien souvent qu’en prélevant ces objets ils privent les archéologues d’éléments cruciaux pour l’étude des sites archéologiques. Leurs prélèvements, uniquement motivés par la curiosité ou la collection, contribuent à vider petit à petit les sites de certaines catégories d’objets. Ils participent sans le savoir au pillage du patrimoine d’une région du monde qu’ils affectionnent. 

D’autres pilleurs agissent cependant en tout connaissance de cause. Ceux-là se fondent dans la masse des touristes, recherchent les sites archéologiques et prélèvent les objets par millier. Bien souvent, ils font appel aux populations locales pour organiser les pillages. Ainsi, des milliers de personnes, attirées par un légitime goût du lucre, pauvres et ignorantes, ont été démarchées par ces receleurs. Elles pillent leur propre patrimoine. Les revendeurs occidentaux achètent une misère les objets collectés pour les revendre à fort profit sur le marché des antiquités en Europe ou aux USA.

Les objets courants sont revendus la plupart du temps au kilo à des revendeurs qui les marchanderont au détail sur internet ou sur des foires et brocantes. L’offre est tellement importante que les prix sont à la baisse : 9 euros les 5 pointes de flèche. Le marché des petites antiquités considèrent les artéfacts comme de simples produits culturels.

Les objets plus importants, comme les statuettes, sont revendus plusieurs milliers d’euros par des marchands d’antiquités à de riches collectionneurs. Les pilleurs locaux, rétribués quelques euros pour de dures journées de travail, ignorent bien souvent la valeur financière de ces objets sur le marché occidental.

Les sites archéologiques on été tellement appauvris par des décennies de pillages, aussi bien par des ramassages intensifs que de petits prélèvements sporadiques, qu’il ne reste plus grand chose pour les archéologues. Beaucoup de sites ont été littéralement vidés de  certaines catégories d’artéfacts et des scientifiques comme Robert Vernet sont contraint d’étudier des sites avec pour seuls témoins les déchets de silex laissés par les pilleurs.

Extrait de l'article de Grégory Compagnon publié sur le site internet de l'HAPPAH.